Transition énergétique Québec : un plan directeur 2018-2023 qui marque enfin le début d’une démarche structurée de transition mais demeure prisonnier du mandat gouvernemental

Québec, le 12 juin 2018 – Le Front commun pour la transition énergétique (FCTÉ) tient à souligner les efforts de Transition énergétique Québec (TEQ) pour dépasser certains des objectifs que lui avait fixés le gouvernement pour son plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétique du Québec. Notamment, le plan directeur prévoit une réduction de la consommation de produits pétroliers de 12 % d’ici 2023, alors que la cible du gouvernement n’est que de 5 %. Le Front note toutefois que dans l’ensemble, le mandat gouvernemental a restreint TEQ dans ses ambitions et que le plan présenté aujourd’hui ne fait pas une place suffisante à la véritable clé de la transition énergétique : l’économie d’énergie. Ainsi, les cibles d’efficacité énergétique de 1,2 % par année d’ici 2023 sont à peine plus élevées que ce que procure la réduction naturelle du marché depuis plusieurs années. Le Front constate également l’absence d’un plan de transition énergétique juste pour les travailleurs et travailleuses des secteurs à forte émission de GES et pour les communautés concernées, élément que nous considérons indispensable. Enfin, il est également clair que le plan directeur passe à côté de l’occasion en or qui se présente de sortir une bonne fois pour toute de l’ensemble de la filière fossile  en continuant à soutenir le gaz naturel sans égard au fait qu’il s’agit presque à 100 % d’un hydrocarbure non renouvelable, puissant émetteur de gaz à effet de serre.

Selon Carole Dupuis, du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec, «Pour que les cibles de réduction des gaz à effet de serre du Québec puissent être atteintes et pour que la transition s’opère de la manière la plus intelligente possible, la réduction de la consommation d’énergie doit être la priorité absolue. Or, les objectifs qu’on nous présente ici sont à peine plus élevés que ce qui se fait à l’heure actuelle par le marché. Nous espérions mieux d’un plan directeur qui doit paver la voie à une économie carboneutre d’ici 2050.»

Aussi, le Front commun insiste sur le fait que la mise en oeuvre d’une transition énergétique porteuse de justice sociale doit inclure d’emblée un plan de transition juste pour les travailleurs, les travailleuses et les communautés qui seront touchés par les inévitables changements à venir : «Il est étonnant de constater l’absence d’étude d’impact sur l’emploi, par exemple, ainsi que l’absence de programmes de relocalisation, de reconversion et de formation. Nous demandons, entre autres, que des fonds publics soient affectés à ces volets de la transition et que les travailleurs et les travailleuses soient au coeur des décisions qui auront un impact sur eux», souligne Roger Rashi, administrateur d’Alternatives

Quant à la place qu’occupe le gaz naturel dans le plan directeur, le Front commun remarque que TEQ  est restée prisonnière de l’incohérence de la politique énergétique 2030 du gouvernement du Québec qui, rappelons-le, autorise du même coup l’exploration et l’exploitation des énergies fossiles en territoire québécois avec sa Loi sur les hydrocarbures.

De façon générale, le plan directeur qui nous a été présenté hier marque le début d’une démarche structurée de transition mais reste malheureusement prisonnier du mandat gouvernemental. D’après Anne-Céline Guyon, coordonnatrice du FCTÉ, «Certains écueils auraient pu être évités dès le départ si, comme nous l’avions énoncé dans notre mémoire, TEQ ne dépendait pas de la seule gouvernance du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. TEQ devrait plutôt relever du plus haut niveau de l’appareil gouvernemental et bénéficier ainsi d’un mode de gouvernance reconnaissant la transversalité des enjeux ainsi que la nécessité de prises de décisions cohérentes».

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POUR INFORMATION

Anne-Céline Guyon

Coordonnatrice du Front commun pour la transition énergétique

(581) 989-0815