Les visages de la transition : Antoine Giannuzzi

Antoine Giannuzzi

« La transition, c'est l'avenir de notre civilisation »

Rêveur d’un monde meilleur, adepte de la post-croissance et amateur de simplicité, Antoine est étudiant au baccalauréat en développement durable du territoire à l’Université Laval et co-porte-parole du Comité Action Citoyenne pour les dossiers municipaux et aménagistes.

Reconnecter avec le «monde naturel»

Antoine a toujours été très près du monde naturel. Sa famille provenant des quatre coins du Québec, d’Amos à Port-Daniel en passant par Montréal et Québec, il a toujours préféré les lieux où l’homme semblait absent, où la nature n’était pas celle qui était en retrait. Grand amateur d’Henry David Thoreau, qu’il a découvert grâce à un de ses professeurs au certificat en scénarisation à l’UQÀM, il a longtemps courtisé l’idée de disparaitre en forêt. Pour le moment, il réalise ce rêve à travers ses passions pour l’ébénisterie (aux outils manuels) et le bushcraft (utilisation de techniques anciennes pour faire du camping sauvage). Selon lui, la simplicité et de la reconnexion avec le monde naturel sont des éléments clés d’une transition socio-écologique. 

 

« L'instinct de survie »

Quand on lui demande d’expliquer ses motivations derrière son implication actuelle dans le Comité Action Citoyenne – CAC (prononcé C’est assez), il répond: « C’est par simple instinct de survie! À Port-Daniel, j’ai vu les effets de gros projets industriels similaires à Northvolt sur la communauté et surtout l’absence d’effets positifs. Maintenant, le giga projet est littéralement à côté de chez moi et puisera et rejettera de l’eau dans le Richelieu, d’où est puisée mon eau potable. Cette usine polluera l’air qu’on respire, l’eau que l’on boit et les sols qui nous nourrissent! »

 

Il explique aussi que c’est grâce aux femmes qui ont initié le CAC et à l’immense admiration qu’il a pour elles qu’il a décidé de s’engager dans le mouvement.  « Ce qui me motive, c’est le rêve d’un monde post-croissance, un monde qui a pris le virage nécessaire de la transition socio-écologique et grâce au CAC et aux femmes derrières ce projet, il est moins irréaliste d’imaginer que ces idéaux pourront se réaliser. Grâce aux mouvements sociaux, il sera possible de passer à un monde réellement durable, et ce, de manière juste et bienveillante. »

« Le plus important, c'est le social et le dialogue dans les enjeux environnementaux »

Questionné sur son approche au Comité Action Citoyenne, Antoine répond : « On mise beaucoup sur l’éducation citoyenne et la transmission d’informations, ce qui est un grand défi dans le dossier Northvolt. L’objectif est de proposer un narratif citoyen face aux narratifs affairistes du gouvernement et de l’entreprise. » Il souhaite offrir à la population un accès à de l’information claire et honnête pour qu’elle puisse avoir une vision globale de la situation et faire un choix éclairé même s’il avoue qu’il préférerait personnellement que le projet soit abandonné, considérant que les risques  sont bien trop élevés et les effets positifs pour la population inexistants ou illusoires. 

« On organise des assemblées citoyennes avec des experts, des professeurs d’université, et des citoyen·nes pour donner une voix et une tribune à la population, créer un lieu d’échange, de discussion et d’entraide. Notre lutte est importante, puisque dans l’urgence climatique et sociale actuelle, nous n’avons pas de temps à perdre avec des fausses bonnes idées comme la croissance verte et l’électrification des transports. La question de la transition est beaucoup plus socioculturelle que sociotechnique. Le problème de la mobilité actuelle, ce n’est pas seulement l’énergie qui nous déplace, c’est aussi, et surtout, la place que l’on donne à l’automobilité. »

Il affirme du même souffle qu’à ses yeux, il n’y a rien de plus important que le social et le dialogue dans les enjeux environnementaux d’aujourd’hui et c’est pourquoi ses actions et celles du CAC sont très axées sur le dialogue, le partage et la bienveillance. 

 

Sa vision de la transition socio-écologique

Antoine croit que la transition socio-écologique en sera une tranquille mais qu’elle se doit d’en être une du peuple. « Nous l’avons vu à maintes reprises, les élites politiques et économiques ne défendront pas les intérêts de la population. » Il espère un retour à la simplicité, un retour à la réciprocité entre humains, entre générations, entre peuples et entre nations. La transition doit sonner la fin de la compétition et le début de la consolidation de notre tissu social et environnement. « La transition, c’est l’avenir de notre civilisation. Le bris de la continuité est nécessaire pour imaginer continuer. C’est la fin de la récréation et le début du vrai travail, celui de décider et de construire ensemble notre destinée. Et pour moi, cette destinée est collective, ouverte, bienveillante et inévitablement post-croissante.» 

Pour aider Antoine et le CAC, rejoignez le groupe Facebook, participez aux discussions, allez aux assemblées citoyennes et dites haut et fort : NON à Northvolt! Non aux décisions sans consultation!